L'Atalante
Juliette, jeune femme de la campagne, épouse Jean, qui navigue sur la Seine à bord de sa péniche, secondé par le père Jules et par un mousse. Passé les premières effusions amoureuses, Juliette, qui rêve de grandes villes, doit s’habituer à vivre dans ce nouveau milieu…
En 1926, un géant mécanique terrestre, la locomotive The General, donna son nom à un film marquant de Buster Keaton. Huit ans plus tard, une péniche fit de même pour L’Atalante, le film de Jean Vigo riche, entre autres, de l’héritage du cinéma burlesque. À la fois rétréci aux dimensions des cabines exiguës de la péniche (pour les intérieurs de celle-ci reconstitués en studio, l’équipe ne s’accorda aucune tricherie avec l’espace) et vaste comme les paysages fluviaux traversés (Georges Simenon fit part à Vigo de ses connaissances en matière de canaux et d’écluses), L’Atalante est un film qu’on est tenté de qualifier de « testament » car son auteur, qui le dirigea parfois alité, mourut un mois après sa sortie. Ce fut aussi un film « maudit », dont le montage et la bande son furent profondément remaniés à sa sortie, avant d’être progressivement réhabilité, tout d’abord sous l’influence de la Cinémathèque française et du mouvement des Ciné-clubs qui en firent un de leurs étendards, puis grâce à ses reconstructions successives, jusqu’à cette copie restaurée numériquement en 2017. Mais au-delà de ces étiquettes toutes faites, L’Atalante, de plus en plus visible tel que l’avait voulu Vigo, est un film toujours bien vivant, étonnant, inconvenant et surtout profondément émouvant, en même temps que guidé par les exigences du « cinéma social » et du « point de vue documenté » qui animaient le cinéaste. Rien à craindre d’une œuvre dévitalisée car panthéonisée : l’érotisme de L’Atalante (le plus grand film sur la peau, comme disait Truffaut), ses surimpressions hallucinées, l’intense poésie de chaque plan, la composition ébouriffée de Michel Simon dans le rôle du père Jules laissent encore pantois. Jean-François Buiré
Jean Vigo et Maurice Jaubert, compositeur
« Livre d’une grande finesse et d’une grande liberté, Le Beau Temps est d’une grande clarté aussi : il est baigné par la lumière de Nice que partagent, en des temps différents, Maryline Desbiolles, l’auteure, et Maurice Jaubert, le sujet du livre. Qui est Maurice Jaubert ? Un musicien, un compositeur, qui fait de la musique au moment où le cinéma est d’avant-garde. Il a écrit pour Jean Vigo, Jean Renoir, Marcel Carné… Sa vie est courte : il naît en 1900 et meurt en 1940. Une trajectoire pleine de grâce et d’élan, que Maryline Desbiolles raconte avec amour. Ce livre est une histoire d’amour, écrit-elle. Comment appeler autrement ce rayonnement, cette disposition en rayons qui tous, chacun d’entre eux, semblent toucher ce que je connais du monde. » Eléonore Sulse