Le Château de l'Araignée
Dans le Japon féodal, alors que les guerres civiles font rage, les généraux Washizu et Miki rentrent victorieux chez leur seigneur Tsuzuki. Ils traversent une mystérieuse forêt et rencontrent un esprit qui leur annonce leur destinée : Washizu deviendra seigneur du château de l’Araignée, mais ce sera le fils de Miki qui lui succèdera. Troublé par cette prophétie, Washizu se confie à sa femme, Asaji. Celle-ci lui conseille de forcer le destin en assassinant Tsuzuki…
Fervent admirateur du cinéma de son compatriote Kenji Mizoguchi, Akira Kurosawa alterne lui aussi films contemporains et films historiques. Près de dix ans après Orson Welles, le cinéaste nippon transpose à son tour la célèbre tragédie de Shakespeare, Macbeth, en la situant dans le Japon du XVIe siècle. En effet, l’universalité des thèmes abordés dans la pièce – la conquête du pouvoir, les guerres de clans, la trahison et la vengeance – peut s’appliquer aussi bien au contexte occidental qu’oriental. Toutefois, Kurosawa va opter pour une forme typiquement japonaise en ayant recours aux codes du nô : des comédiens qui se déplacent peu à l’écran, et dont l’expressivité se trouve concentrée sur leur visage. Mais si le réalisateur se réfère à ce genre théâtral, il n’en oublie pas pour autant de soigner sa mise en scène cinématographique, privilégiant largement les plans d’ensemble et multipliant les scènes d’action spectaculaires.



