Tierra
La grande figure du flamenco Lori La Armenia s’entoure de deux complices pour faire rimer son art avec les chants traditionnels arméniens. Une occasion unique de voir opérer sur scène l’invention et la tradition.
Qui a dit que le flamenco ne rime qu’avec sa terre de prédilection, l’Andalousie ? Lori Bagdassarian dite La Armenia, grande bailaora renoue avec ses racines arméniennes. Elle s’accompagne au chant et à la guitare d’une figure incontournable du genre, Alberto Garcia, et convie Artyom Minasyan, arménien et joueur de duduk (hautbois). Majestueuse, dans une grande robe aux couleurs vives et chatoyantes, La Armenia impose, dès son entrée, sa présence magnétique, alliant rage et grâce.
Convoquant un flamenco hybride, elle fait dialoguer la trilla flamenca et le horovel arménien, tous deux chants de la terre. Ce dialogue n’est pas que mélodique, car il puise ses racines dans l’histoire, le peuple rom ayant vécu en Arménie à la fin du Moyen Âge avant d’arriver en Andalousie. Tierra contribue à redonner au flamenco sa filiation orientale profonde, bien trop souvent oubliée. Le duende, ce moment suspendu, ne peut alors qu’être au rendez-vous !


