Olivia
Dans l’enceinte d’un pensionnat pour jeunes filles, une passion silencieuse bouleverse les règles du désir et de l’autorité. Dans une profusion de tentures, de dentelles et de rubans, Jacqueline Audry filme l’éveil des sentiments comme personne avant elle.
Après Alice Guy et Germaine Dulac, et avant Agnès Varda, Jacqueline Audry est la seule femme réalisatrice de longs-métrages de fiction dans la France de l'après-guerre. En 1951, Olivia, son cinquième film, adapté ˗ avec « beaucoup de goût et de doigté » ˗ du roman éponyme de Dorothy Bussy, connaît le succès tout en faisant scandale. Mademoiselle Julie (Edwige Feuillère dans un de ses premiers rôles) dirige dans l'intelligence, la bienveillance et la gaieté le pensionnat des Avons, qui accueille des jeunes filles de très bonnes familles. Mademoiselle Cara (Simone Simon), sa compagne et associée, dépressive et fragile, se complaît dans un rôle de femme-enfant, prompte à voir des rivales dans leurs élèves. Nouvelle venue, Olivia se prend d'un amour juvénile et éperdu pour Mademoiselle Julie. L'ambitieuse Frau Riesener, professeure d'allemand, saisit cette occasion pour attiser la jalousie de Cara et séparer le couple.
Difficile de ne pas regarder le choix de porter à l'écran le roman de Dorothy Bussy comme « militant », même si Audry ne s'est jamais positionnée dans cette optique, à la différence de sa sœur Colette Audry, écrivaine, féministe, résistante, proche de Beauvoir et de Sartre, qui d'ailleurs signe le scénario d'Olivia.

