Arts visuels

Post Atlantica

Noémie Goudal

La pratique de Noémie Goudal, née en 1984, repose sur la construction d’installations illusionnistes mises en scène dans le paysage et transposées en films, photographies et performances. Sous-tendue par une recherche mêlant écologie et anthropologie, son travail interroge les limites des conceptions théoriques du monde naturel.

Dans son corpus d’œuvres intitulé Post Atlantica, Noémie Goudal questionne l’évolution du paysage et ses chorégraphies à travers le temps, non pas à l’échelle où l’humain a pu l’observer mais à son échelle propre, un temps géologique datant de milliards d’années. Depuis la création de la Terre il y a 4,5 milliards d’années, le paysage ne cesse de muter, de se disloquer, de se fissurer puis de se recomposer, répondant aux secousses internes, aux effondrements, aux glissements, ainsi qu’à sa position dans le système solaire. L’artiste s’inspire des recherches de paléoclimatologie et de travaux sur le deep time pour imaginer et refigurer les mouvements passés ou futurs du relief terrestre.

À partir d’une déconstruction des images dans l’espace, Noémie Goudal modèle des paysages en prenant soin de laisser de subtils indices de décor. Brouillant la sensation de réel, ses pièces invitent à percevoir le paysage comme une construction en constante évolution.

Making of de la série Phœnix (2021)

Noémie Goudal est photographe plasticienne. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles (Centre d’art Le Grand Café, Saint-Nazaire ; musée des Beaux-Arts du Locle ; Fotografiska, Stockholm ; Le BAL, Paris ; FOAM, Amsterdam), mais aussi collectives comme à la Biennale de Venise (Pavillon de l’Azerbaïdjan). Elle est lauréate de Mondes Nouveaux (2021) ou encore du prix HSBC pour la photographie (2013) et a été résidente à la Manufacture de Sèvres de 2018 à 2022. Sa recherche plastique actuelle intitulée Post Atlantica fait l’objet d’une exposition aux Rencontres de la photographie d’Arles 2022.