Cadet d'eau douce
Sur le Mississipi, une rivalité sans merci oppose deux bateaux à vapeur, l’ancien et le moderne. Le capitaine du premier, William Canfield dit « Steamboat Bill », apprend que son fils, qu’il n’a pas vu depuis très longtemps, vient le rejoindre. Malheureusement, le fils n’est pas à l’image que son père s’en faisait…
Steamboat Bill, Jr. reflète la maîtrise sans équivalent de Buster Keaton en matière de mise en scène de séquences spectaculaires. Celles du cyclone nous laissent le souffle coupé, et ce sont sans doute les plus belles de sa filmographie. Keaton y déploie une variété inédite de plans défiants la pesanteur : des façades éventrées s’écroulent, d’autres se plantent intactes, des arbres déracinés et de lourdes caisses s’envolent, pareils à des feuilles mortes. Il joue alors avec les trucages de la scène et du cinéma : les décors, les trucs des prestidigitateurs sont autant de trompe-l’œil et de faux-semblants sans cesse étonnants. L’art de Keaton atteint des dimensions surréalistes.