La Vie d'un tatoué

Trahi par un membre de son clan, Tetsu, jeune yakuza impulsif, est pris dans un guet-apens dont son frère cadet, le doux et artiste Kenji, le sauve in extremis. Contraints de prendre la fuite, les deux frères se réfugient près d’une mine où il se font bientôt engager comme ouvriers. Mais tandis qu’un mystérieux homme aux chaussures rouges paraît suivre leurs traces, Kenji tombe fou amoureux de la femme de son patron – celle-ci n’étant pas non plus insensible au charme délicat du jeune homme…

La Vie d’un tatoué brille par sa mise en scène vive et colorée, à travers ses scènes de séduction comme lors de ses combats de sabres virevoltants. Virtuose !

La Barrière de chair

Tentant de survivre dans un Japon dévasté par la Seconde Guerre mondiale, Maya, une jeune femme timide, intègre un petit groupe de prostituées fières et indépendantes. Se jurant une protection mutuelle, celles-ci n’ont qu’une seule règle d’or : ne jamais tomber amoureuse et « le faire gratis ». Mais l’arrivée de Shintaro Ibuki, ancien caporal de l’armée recherché par la police militaire, viendra rebattre les cartes…

Jouant magistralement sur les surimpressions d’images pour évoquer un Japon hanté par la défaite, le film mêle érotisme et anachrisme dans un tourbillon de féminité rebelle où resplendit l’actrice Yumiko Nogawa.

Histoire d'une prostituée

Pour échapper à une vie de misère, la jeune Harumi part travailler dans une maison close militaire sur la ligne de front chinoise, au cours de la guerre sino-japonaise. Désignée comme favorite par un haut-gradé, elle y endure la brutalité de l’armée et développe une relation sentimentale, mêlée d’amour et de désespoir, avec Mikami, un soldat idéaliste et tourmenté. Mais l’amour fou qui naît peu à peu entre eux se heurtera aux violents soubresauts de l’Histoire…

Loin de l’aspect scabreux que pourrait annoncer son titre, le film fait le récit d’une passion dévorante, totale, tragique, où les scènes d’amour, d’une fragilité bouleversante, évoquent parfois la splendeur visuelle déchirante de L’Aurore de Murnau ou des Désaxés de John Huston.

Les Fleurs et les vagues

Après avoir pris la fuite avec la belle Oshige, jeune femme promise à son chef, Kikuji, un ancien yakuza, vit désormais incognito dans le quartier d’Asakusa, à Tokyo, où il travaille comme ouvrier. Mais les implications de la pègre dans les affaires de son usine font bientôt remonter en lui ce sulfureux passé auquel il voudrait échapper, tandis qu’un énigmatique tueur à gages se lance à sa recherche…

Les Fleurs et les vagues mêle critique sociale, film noir et mélodrame amoureux en un patchwork qui regorge d’audaces formelles, culminant par une splendide scène de combat au milieu d’un paysage enneigé. D’une beauté à couper le souffle.

Élégie de la bagarre

Turbulent lycéen dans un établissement militaire au début des années 1930, Kiroku peine à masquer son attirance pour Michiko, la douce jeune fille de la propriétaire de la maison où il loge. Incapable de saisir la sensibilité artistique et la foi catholique de la demoiselle, Kiroku cherche par tous les moyens à réprimer ses pulsions et ses sentiments, canalisant bientôt sa frustration à travers des combats brutaux et absurdes avec ses camarades, qui le mèneront à se lancer dans une guerre des gangs entre étudiants…

La Marque du tueur

Troisième plus redoutable tueur de la pègre japonaise, le taciturne Goro Hanada brille par son professionnalisme à toute épreuve, que seul un étrange fétichisme pour l’odeur du riz bouilli vient parfois perturber. Pourtant, le jour où, aveuglé par un papillon, Hanada manque sa cible et tue une passante innocente, il devient à son tour la proie de l’organisation mafieuse et de son insaisissable « tueur numéro 1 ».

Le Vagabond de Tokyo

Tetsuya est un yakuza dont le clan vient d’arrêter ses activités. Approché par un clan rival, il décline leur offre. Son ancien chef lui conseille alors de quitter Tokyo et devenir vagabond pour fuir les représailles. Tetsuya parcourt le Japon, des tueurs à ses trousses…

Avec Le Vagabond de Tokyo, la Nikkatsu souhaite mettre en valeur la vedette du moment, le chanteur Tetsuya Watari, en lui confiant le rôle d’un yakuza qui cherche à quitter le milieu et se retrouve traqué par ses ennemis comme par ses anciens complices. Dépassant le cahier des charges, Seijun Suzuki fait éclater cette trame rebattue pour signer un opéra pétaradant, donnant libre cours à son imagination visuelle. Un film inclassable, dont l’ambition expérimentale n’est pas au goût du studio, qui reproche à Seijun Suzuki ses écarts avec le scénario et son avant-gardisme.

Carmen de Kawachi

Fuyant sa petite ville de campagne, Tsuyuko s’installe à Osaka. Elle devient hôtesse dans une boîte de nuit, le Club DaDa, où sa beauté attire la convoitise des clients. Rêvant d’être mannequin ou chanteuse, elle trace son chemin en devant constamment se battre pour conserver son indépendance.

Comme son titre l’indique, Carmen de Kawachi fait écho à l’opéra de Georges Bizet, dont il reprend l’une des thématiques : la quête de liberté d’une jeune femme, soucieuse d’affirmer sa volonté. Yumiko Nogawa reprend au cours d’une scène le célèbre aria Habanera, dans une version rock chantée en japonais. La musique de Taiichiro Kosugi, inspirée par le flamenco, ponctue un film dont le récit ne cesse de rebondir de manière inattendue.