Élégie de la bagarre

Turbulent lycéen dans un établissement militaire au début des années 1930, Kiroku peine à masquer son attirance pour Michiko, la douce jeune fille de la propriétaire de la maison où il loge. Incapable de saisir la sensibilité artistique et la foi catholique de la demoiselle, Kiroku cherche par tous les moyens à réprimer ses pulsions et ses sentiments, canalisant bientôt sa frustration à travers des combats brutaux et absurdes avec ses camarades, qui le mèneront à se lancer dans une guerre des gangs entre étudiants…

La Marque du tueur

Troisième plus redoutable tueur de la pègre japonaise, le taciturne Goro Hanada brille par son professionnalisme à toute épreuve, que seul un étrange fétichisme pour l’odeur du riz bouilli vient parfois perturber. Pourtant, le jour où, aveuglé par un papillon, Hanada manque sa cible et tue une passante innocente, il devient à son tour la proie de l’organisation mafieuse et de son insaisissable « tueur numéro 1 ».

Le Vagabond de Tokyo

Tetsuya est un yakuza dont le clan vient d’arrêter ses activités. Approché par un clan rival, il décline leur offre. Son ancien chef lui conseille alors de quitter Tokyo et devenir vagabond pour fuir les représailles. Tetsuya parcourt le Japon, des tueurs à ses trousses…

Avec Le Vagabond de Tokyo, la Nikkatsu souhaite mettre en valeur la vedette du moment, le chanteur Tetsuya Watari, en lui confiant le rôle d’un yakuza qui cherche à quitter le milieu et se retrouve traqué par ses ennemis comme par ses anciens complices. Dépassant le cahier des charges, Seijun Suzuki fait éclater cette trame rebattue pour signer un opéra pétaradant, donnant libre cours à son imagination visuelle. Un film inclassable, dont l’ambition expérimentale n’est pas au goût du studio, qui reproche à Seijun Suzuki ses écarts avec le scénario et son avant-gardisme.

Carmen de Kawachi

Fuyant sa petite ville de campagne, Tsuyuko s’installe à Osaka. Elle devient hôtesse dans une boîte de nuit, le Club DaDa, où sa beauté attire la convoitise des clients. Rêvant d’être mannequin ou chanteuse, elle trace son chemin en devant constamment se battre pour conserver son indépendance.

Comme son titre l’indique, Carmen de Kawachi fait écho à l’opéra de Georges Bizet, dont il reprend l’une des thématiques : la quête de liberté d’une jeune femme, soucieuse d’affirmer sa volonté. Yumiko Nogawa reprend au cours d’une scène le célèbre aria Habanera, dans une version rock chantée en japonais. La musique de Taiichiro Kosugi, inspirée par le flamenco, ponctue un film dont le récit ne cesse de rebondir de manière inattendue.