Cinéma

Arts visuels + Arts scéniques
ARTS, CULTURE ET INNOVATIONS À VALENCE, DRÔME

L’Ange blanc

Film de William A. Wellman

Dénuée d’expérience, Lora Hart est pourtant engagée dans un hôpital, puis obtient son diplôme d’infirmière. Assurant la garde de nuit de deux petites filles chez un particulier, elle devine une horrible machination exercée par un médecin véreux et le chauffeur de la maison, qui semble devoir mener à la mort des enfants…

Le début du film, un plan filmé depuis l’intérieur d’une ambulance qui se rue vers un hôpital, est à l’image du style énergique du cinéaste William Wellman (qu’il pratique, également en 1931, dans le film de gangsters L’Ennemi public). La scène suivante témoigne du climat social de la Grande Dépression, durant laquelle le film fut tourné : une jeune femme insiste pour obtenir un travail pour lequel elle n’a même pas de qualification. Elle est interprétée par Barbara Stanwyck, actrice au parcours exemplaire et qui, fait rare à une époque où les acteurs étaient en contrats longs avec un studio ou un autre, circula librement à travers les différentes sociétés de production hollywoodiennes, et épingla un nombre impressionnant de grands cinéastes à sa filmographie (elle fut ainsi une interprète régulière de Wellman, mais aussi de Frank Capra). Dans ce film « pré-code », les scènes où Stanwyck et Joan Blondell, mettant ou retirant leurs habits d’infirmières, apparaissent à l’écran en lingerie furent considérées comme « risquées » : elles semblent bien inoffensives aujourd’hui. En revanche, le complot médical dont deux fillettes risquent d’être les innocentes victimes (avec, comme dans Âmes libres, Clark Gable dans un rôle particulièrement antipathique et violent) conserve quelque chose de moralement choquant, au point qu’il n’est pas sans rappeler celui, particulièrement glauque, que le cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder mettra en scène cinquante ans plus tard dans son film Le Secret de Veronika Voss. Jean-François Buiré